Flux d'Azote et AB

Type de ressource : multimédia/en ligne, diaporama
Thématique : environnement - milieux naturels, eau-agriculture, approche mondiale - coopération, eau potable
Description : Intervention de Gilles Billen, directeur de recherche au CNRS au Séminaire "Sites pilotes Eau et Bio" (Nanterre, 19 janvier 2016) : vidéo et diaporama support (en pj, ci-dessous)
« L’activité agricole est la première cause d’altération des systèmes naturels, des ressources en eau souterraine et de surface ». Si les pesticides constituent d’importantes sources de pollution, les surplus d’azote méritent également de retenir toute l’attention. En France, la croissance des rendements s’est accompagnée d’une croissance de ces surplus. Et malgré les efforts des politiques publiques, ces derniers restent trop élevés. Après analyse des données collectées sur le système agroalimentaire de la région Nord-Pas-de-Calais et le rappel des résultats de l’étude de Josette Garnier, sur le bassin de la Seine, Gilles Billen l’affirme : l’agriculture biologique, avec ses rotations longues et le recours aux légumineuses, engendre des pertes d’azote « nettement inférieures » à celles l’agriculture conventionnelle et correspondant juste « au seuil de retour à une production d’eau potable ». Pour autant, la protection de la ressource en eau ne saurait se satisfaire d’un simple passage d’une pratique agricole à une autre. D’après lui, c’est d’abord la spécialisation des territoires qui doit être revue, comme l’importation de protéines végétales en Bretagne à destination des productions animales. En bref, « il faut produire moins de protéines animales ». Un constat déjà porté par Afterre et son scénario bio-local et demitarien pour le Bassin de la Seine. Dans ce scénario, les entrées et sorties de NO2 passent de 8 et 21, avec le système classique, à 4 et 5. « Ce scénario n’a rien d’un scénario de pays riche qui ne prendrait pas en compte la croissance de la population mondiale », a affirmé Gilles Billen. Et de rappeler que depuis 1961 : « les pertes d’azote ont été multipliées par 7 dans le monde en même temps que le commerce mondial a été multiplié par 5 ». Pour lui, la souveraineté alimentaire est l’une des solutions pour réduire les pertes d’azote, notamment avec la généralisation du régime crétois : « Penser global n’empêche pas de manger local. Il ne s’agit pas de dire que ce système est le meilleur mais de rappeler qu’il fonctionne »